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MOH : Critiques Saison 1

Jeudi 14 décembre 2006

Réalisé par Takashi Miike

Ecrit par Daisuke Tengan

D'après une nouvelle de Shimako Iwai 

Avec : Billy Drago, Youki Kudoh, Michie Itô  

Résumé: Un américain, Christopher (Billy Drago), se rend au Japon retrouver Komomo, la femme de sa vie. Il suit sa trace jusqu’à un bordel perdu sur une île. Malheureusement, une des prostituées, affreusement défigurée, lui apprend que Komomo s’est suicidée quelques temps auparavant, n’en pouvant plus d’attendre son retour. Christopher lui demande de lui parler des derniers instants de Komomo. Bien mal lui en prend…

Un épisode particulier à bien des égards, comme la plupart des bloggueurs doivent maintenant le savoir. Particulier tout d’abord car dirigé par un réalisateur japonais, Takashi Miike. Particulier ensuite car tourné par Miike au Japon. Particulier enfin car censuré par la chaîne Showtime qui a refusé de le diffuser, le trouvant trop extrême. Mick Garris, le créateur du show, a lui-même concédé que l’épisode était extrêmement difficile à regarder. Qu’en est-il vraiment ? Verdict.

Premier constat, l’épisode ne fait pas vraiment peur, voire même pas du tout. Pas vraiment de tension, l’histoire étant racontée en flashbacks et pas de vrais sursauts. Donc pas de quoi fouetter un chat du côté de la terreur pure pour les habitués des films d’horreur…
Mais là où Miike va très loin, c’est au niveau de l’ambiance malsaine qui se dégage du métrage. Et pour une fois, je dois avouer que je comprends parfaitement la décision de la chaîne Showtime de ne pas diffuser l’épisode. Sans vouloir jouer les chochottes, j’ai vraiment été choqué par de nombreuses scènes. C’est bien simple, Miike utilise le show pour dresser un spectre des comportements humains les plus déviants : tortures sadiques et insoutenables, pédophilie, viol, inceste, meurtre, avortements sauvages, gros plans de fœtus morts, tout y passe. Si vous arrivez à visionner l’épisode sans vous crisper de dégoût ou vous cacher les yeux au moins une fois c’est tout simplement que vous êtes insensibles. Certains passages m’ont tout simplement révulsé de par leur crudité et leur réalisme. Je n’avais rien vu d’aussi glauque depuis
Audition
du même Miike.
Heureusement, la tension retombe un peu vers la fin, l’épisode sombrant dans un grand guignol plutôt second degré et assez libérateur (entre autres à cause du jeu outré de Billy Drago qui permet de faire presque passer la pilule) qui permet au pauvre spectateur de laisser retomber quelque peu la pression. Et il faut dire qu’il en a bien besoin. Je ne vais pas détailler plus avant toutes les atrocités présentées ici afin de ne pas gâcher « la surprise », mais je tiens à prévenir les âmes sensibles que c’est de très loin le plus horrible épisode de la série. Du très grand art, d’une certaine façon, même si je ne sais pas si je pourrai le revoir un jour… Imprint est réellement une expérience viscérale qui renvoie chacun à ses tabous les plus profonds...

Note : 8.5/10

écrit par Geouf pour : http://www.dvdrama.com/blog/Geouf/

Par Horrormaniac
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Dimanche 17 décembre 2006

Réalisé par John Carpenter

Ecrit par Drew McWeeny, Scott Swan

Avec : Norman Reedus, Udo Kier, Zara Taylor

Résumé: Kirby Sweetman est spécialisé dans la recherche de films rares. Il est un jour contacté par un riche collectionneur (Udo Kier, toujours excellent) pour retrouver un film particulier, « La Fin absolue du Monde » (en français dans le texte). Ce film n’aurait été présenté qu’une fois au festival de Sitges et aurait poussé les spectateurs dans une folie meurtrière. Et Kirby s’apercevra bien vite que les légendes ne sont pas si loin de la réalité…

Voilà un épisode que j’attendais tout particulièrement, en bon fan de Big John, surtout après la déception de Ghosts of Mars. Carpenter allait-il réussir à remonter le niveau ? La réponse dans quelques lignes.
Le générique terminé, le titre apparaît : «
John Carpenter’s Cigarette Burns ». Premier frisson du fan. Retentissent alors quelques notes au synthétiseur. Deuxième frisson du fan : le maître a composé la musique et a encore réussi à créer un thème simple mais entêtant. Reste à savoir si le reste est aussi bon…
L’histoire commence et on se laisse rapidement happer par cette chasse au trésor particulière qui rappelle énormément un des chefs d’œuvres de Carpenter :
L’Antre de la Folie. Même thème de la contagion par une œuvre (dans le film un livre puis un film, ici un film), même type de héros incrédule qui cherche à rationaliser ce qui lui arrive (encore qu’ici ce trait soit moins poussé que chez le personnage de John Trent) Comme dans L’Antre de la Folie, le héros est petit à petit happé par l’œuvre au centre de l’histoire, mais ici ce sont des flashs traumatisants sous forme de brûlures de cigarettes (les fameux points blancs indiquant un changement de pellicule lors de la projection d’un film) qui viennent le hanter en lui rappelant son passé.
Alors, simple redite d’un de ses chefs d’œuvres ? Pas tout à fait. On s’aperçoit très vite que Carpenter s’intéresse bien sûr au processus de création et à la censure, mais l’autre thème de l’épisode est la quête de rédemption du personnage principal à travers la quête de ce film. Ainsi, outre les scènes flippantes et autres débordements gores (notamment l’épilogue), l’épisode s’avère assez émouvant et on peut le rapprocher en cela de l’épisode d’Argento, «
Jenifer » (d’ailleurs Carpenter cite ouvertement son confrère puisque le héros possède un cinéma diffusant « Profondo Rosso »)
Carpenter signe donc un très bon épisode, jouant plus sur le suspense que sur les scènes chocs (même si certains passages sont assez gores) et sur l’attachement au héros. En clair, vivement son prochain film, «
The 13th Apostle » !

Note : 9/10

écrit par Geouf pour : http://www.dvdrama.com/blog/Geouf/

Par Horrormaniac
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Jeudi 21 décembre 2006

Réalisé par John McNaughton

Ecrit par Mick Garris

D'après une nouvelle de Clive Barker

Avec : Derek Cecil, Jon Polito, Leela Savasta   

 

Résumé: XIXe siècle. Le jeune Ernst Haeckel espère bien devenir le Frankenstein des Amériques en ramenant des morts à la vie. Malheureusement, il a beaucoup moins de succès que le fameux docteur et l’étincelle qu’il insuffle aux cadavres les fait plus souvent brûler qu’elle ne les ressuscite… Au cours d’un voyage pour rendre visite à son père malade, il rencontre un vieil homme et sa très jeune et belle femme Elise. Subjugué par la jeune femme, il est loin de se douter quel lourd secret le couple cache…

Voici donc le dernier épisode de la série diffusé à la télévision (vu que l’épisode de Miike a été jugé trop extrême et censuré). Le réalisateur John McNaughton a donc la lourde charge de clore cette première (et on espère pas dernière) saison des Masters of Horror. John McNaughton, tous les hommes de la planète le connaissent pour son fameux Sexcrimes et sa non moins fameuse scène de triolisme entre Matt Dillon, Denise Richards et Neve Campbell… Mais le monsieur est aussi connu des amateurs d’horreur pour son Henry, Portrait d’un Serial Killer, plongée glauque et sans concession dans l’univers d’un esprit dérangé.
Première surprise lorsque le générique se termine, les mots « in association with George A. Romero » apparaissent à l’écran. En fait, le réalisateur de La Nuit des Morts Vivants devait à la base réaliser cet épisode, mais a dû se désister en faveur de McNaughton (mais malgré tout son ombre planera sur la fin de l'épisode).
Deuxième surprise, pour la première fois dans la série, l’épisode ne se passe pas à notre époque, ce qui rompt un peu avec le reste du show, et c’est tant mieux. La photographie est absolument magnifique et pendant la première moitié de l’épisode évoque immanquablement le style gothique de la Hammer (le gore en plus). On pense aussi souvent au superbe Frankenstein de Kenneth Brannagh, entre autres par les thèmes abordés. Une façon aussi de surprendre le spectateur qui croit se trouver en terrain connu, jusqu’à ce qu’arrive la deuxième moitié d’épisode.
Le scénario est tiré d’une nouvelle de Clive Barker et cela se sent durant tout l’épisode, et particulièrement sur la fin. Lorsque arrive la deuxième moitié, on retrouve parfaitement les obsessions de Barker, notamment la mort et le sexe intimement mêlés. McNaughton n’hésite d’ailleurs pas à verser dans le gore pour mieux rendre justice à la nouvelle originale, jusqu’au dénouement surprenant et très glauque faisant penser aux meilleurs épisodes des
Contes de la Crypte. A noter l’apparition en guest star de Jon Polito, habitué des films des frères Cohen.
Au final, un épisode sanglant et surprenant, bourré d’humour noir, qui clôt parfaitement cette première saison !

Note : 8/10

écrit par Geouf pour : http://www.dvdrama.com/blog/Geouf/

Par Horrormaniac
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Mardi 26 décembre 2006

Réalisé par Tobe Hooper

Ecrit par Richard Christian Matheson

Avec : Robert Englund, Jonathan Tucker, Marylin Norry       

Troisième épisode de cette anthologie de l’horreur, Dance of the Dead épingle à son générique pas moins de quatre noms prestigieux. Tobe Hooper, créateur du fameux Massacre à la Tronçonneuse, dirige ici Robert Englund (le grand Freddy Krueger, pour les ignares) dans un épisode adapté d’une nouvelle du grand auteur Richard Matheson (ah ! Je suis une Légende ! Un des meilleurs romans que j’ais jamais lu !) et scénarisé par le fils de celui-ci.

Résumé : Après un holocauste nucléaire, les Etats-Unis sont en ruine et la plupart des jeunes préfèrent s’abandonner aux plaisirs de la drogue et de l’alcool plutôt que de tenter de reconstruire un pays en ruine. La jeune Peggy, qui aide sa mère à tenir un Diner, rencontre un jour Jak et son ami, qui vont lui ouvrir les portes des plaisirs interdits, dont le point culminant sera la découverte de la fameuse « Danse des Morts ».

Le script signé Richard Christian Matheson s’inspire assez librement de la nouvelle de son père puisque celle-ci se concentrait pratiquement exclusivement sur la Danse des morts du titre, sans trop développer le background. Matheson fils conserve donc ici les moments forts de la nouvelle tout en développant plus à fond les personnages et l’histoire de la catastrophe grâce à des flashbacks judicieux.
Tobe Hooper, à la réalisation a l’air de s’amuser comme un petit fou en expérimentant malheureusement un peu trop. Il use et abuse d’images superposées ou troubles, fait trembler la caméra ce qui nuit parfois à la compréhension et surtout fiche mal à la tête… Dommage car il traite son sujet correctement en n’omettant pas le côté glauque et malsain au cours de plusieurs scènes
chocs : la pluie radioactive, les « nettoyeurs » et la fameuse Danse des Morts. Robert Englund livre de son côté une performance tout à fait réjouissante, en tenancier de boîte de nuit sans scrupule. Il faut le voir haranguer la foule avant le spectacle ou assouvir certains penchants nécrophiles. Il est d’ailleurs très surprenant qu’une série américaine ose s’attaquer de manière aussi frontale à un sujet aussi tabou…
En bref, un épisode encore une fois correct, rehaussé par quelques scènes chocs mais n’atteignant pas encore une fois la réussite de l’opus de Coscarelli.

Note: 6/10

écrit par Geouf pour : http://www.dvdrama.com/blog/Geouf/

Par Horrormaniac
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Jeudi 28 décembre 2006

Réalisé par Larry Cohen

Ecrit par David J. Schow

Avec : Michael Moriarty, Warren Kole, Fairuza Balk

Résumé: Mon premier est un routier psychopathe.
Mon second est un autostoppeur psychopathe.
Mon troisième est une victime récalcitrante.
Mon tout sent bon l’affrontement explosif…

Moins connu que les autres réalisateurs de sa génération ayant officié sur le show, Larry Cohen n’en est pas moins un pilier du cinéma de genre. Il a réalisé de petits classiques tels que Le Monstre est vivant (1974) et ses deux suites ou The Stuff (1985, spéciale dédicace aux lecteurs de Mad Movies). Larry Cohen est plus connu pour son travail de scénariste, sur la série des Maniac Cop ou sur le récent Phone Game. Bref, un gars qui connaît son affaire lorsqu’il s’agit de cinéma d’horreur ou de thriller. On pouvait donc s’attendre à un épisode prenant et fun, malgré l'impression de déjà-vu du pitch de départ (on pense beaucoup à Hitcher et Une Virée en Enfer).
Malheureusement, on déchante assez vite. Non pas que les deux personnages principaux ne soient pas assez méchants ou charismatiques, mais le gros problème de l’épisode, c’est qu’à l’instar d’un
Freddy contre Jason, Cohen n’exploite pas suffisamment ni assez vite tout le potentiel de son pitch de base. Les deux tueurs, au demeurant très bien campés par leurs interprètes respectifs, se contentent de quelques victimes chacun de leur côté avant de finalement se rencontrer au bout d’une demi-heure. Une demi-heure qui aurait pu s’avérer nécessaire à poser l’intrigue d’un long-métrage mais qui ici bouffe la moitié de l’épisode, ne laissant que peu de temps à l’affrontement tant attendu. Une joute qui sera malheureusement surtout verbale, les deux personnages ne se mettant vraiment sur la gueule qu’à 5 minutes de la fin.
Heureusement tout n’est pas noir et quelques moments viennent sauver quelque peu l’épisode de la totale déception. Notamment les dialogues incisifs, souvent très drôles, une séance de torture assez graphique dans un motel et surtout un twist final assez prévisible mais néanmoins jouissif.

Note : 7.5/10

écrit par Geouf pour : http://www.dvdrama.com/blog/Geouf/

Par Horrormaniac
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